Ouessant : ce que mes premiers jours m’ont appris

Ce que j’ai appris

Après 5 billets, je vais conclure ici le récit de mes premiers jours sur Ouessant (non, même après 8 années d’études, de mémoires et autres exposés en tous genres,  je ne sais toujours pas être concise) en essayant de lister ce que j’ai retenu. Il n’y a pas beaucoup de photos sur ce message là, vous comprendrez pourquoi envoyant les sujets abordés…

Les bretons sont comme les routiers…

…foncièrement SYMPAS avec les étrangers. Je tutoie déjà la moitié de l’île et les gens se saluent dans la rue. Entre le marin de la compagnie Penn Ar Bed (je crois que ça veut dire Finistère en breton) qui me file son 06 avant que je ne quitte le bateau, mes futurs collègues qui m’ont amené au bateau/ sont venu me récupérer de l’autre côté/ m’ont présenté à leurs connaissances, on peut pas dire qu’ils soient farouches ! Je ne vous cite pas non plus l’épicier qui me ramène chez moi en voiture avec le vélo dans le coffre et les courses « parce que comme ça, vous n’avez pas à attendre l’heure de la livraison ». Trop chou !

Avez-vous vu ces mammifères marins ?

En plus des phoques (D’AILLEURS J’EN AI VU UN PAR LA FENETRE DU BUREAU AUJOURD’HUI !! J’ai hurlé « JE VOIS UN PHOQUE !!!!! » en pleine réunion de formation. Ma crédibilité est cramée), on m’a dit qu’il y avait un dauphin qui aimait les gratouilles qui était souvent dans le port du Stiff (l’endroit de l’île que j’irais explorer ce weekend) (et qui donnera lieu à un autre récit, ne vous en faites pas !) et qu’il était super amical. JE VEUX GRATOUILLER CE DAUPHIN AVANT MON Départ  ! Je vais donc être à l’affut du phoque ET du dauphin son copain.

Des reliques pas banales

Au cours de mes lecture ouessantines, j’ai appris qu’au Moyen-Âge, une sainte a retrouvé le prépuce de Jésus dans sa bouche et qu’aujourd’hui, c’est une relique vénérée à Calcata en Italie. De plus, cette relique a un nom : LE SAINT PREPUCE ! Je suis estomaquée.

Plusieurs questions me viennent :

  • Comment le Saint Machin s’est-il retrouvé dans la bouche de la Sainte ? Est ce qu’il est juste apparu là comme par magie ?
  • Comment a-t-elle identifié qu’il s’agissait d’un prépuce ?! Plus de 1000 ans après la circoncision, ça devait plutôt ressembler à un vieux chewing-gum mâché et tout sec, non ?
  • Comment a-t-elle su qu’il s’agissait de celui de Jésus ?!
  • Et enfin, la dernière mais non la moindre de mes questions : COMMENT, je dis bien COMMENT a-t-elle trouvé des gens pour la CROIRE?!

Si vous avez des éléments de réponse, je suis plus que preneuse.

En me renseignant plus amplement sur l’Internet mondial (merci Wikipédia), je n’ai pas trouvé trace de cet évènement. Mais j’ai découvert que non seulement il y avait eu plus d’un homard à la naissance de l’enfant Jésus (référence que ne comprendront que les fans de Love Actually), mais qu’il y a également plus d’un Saint Prépuce dans le monde à l’heure actuelle ! O_O !

En outre, Courrier International nous apprend que « La mystique catholique Catherine de Sienne assurait avoir reçu, lors d’une vision, le saint Prépuce en guise d’alliance (#berk) […]. De son côté, une certaine sainte Brigitte soutenait avoir aussi reçu des morceaux de prépuce [qu’elle mettait dans sa bouche (décidément, c’est une marotte) ce qui lui fait éprouver des sensations orgasmiques] (chacun ses fantasmes)».

Voltaire aussi avait un avis sur la question du Saint-Bout-de-Zizi puisqu’il a écrit dans son Traité sur la tolérance que cette « superstition était moins dangereuse que de détester et de persécuter son prochain ». Ma mère aussi dit un truc comme ça : « tant qu’il fait ça, il dit pas du mal du voisin ». C’est pas faux en même temps.

Enfin, j’ai aussi appris qu’une autre église italienne possédait une fiole du « Saint Lait » (le lait de la Vierge), qui, selon moi, doit plutôt être du Saint Fromage vu l’âge dudit lait (oui, j’ai du temps pour penser et réfléchir ET  faire ce genre de recherches depuis mon arrivée ici) (oui aussi, j’ai honte de mon historique de navigation).

Sang pour sang pur beurre

Le far breton aux pruneaux que nous connaissons tous n’est en fait que la partie émergée de l’iceberg.

En effet, il existe des dizaines, voire peut être des centaines de fars différents ! J’ai évoqué le Kig Ha Farz plus haut, mais sur Ouessant, le gâteau dont tout le monde parle avec des étoiles dans les yeux, c’est le far au sang, ou Farz Gwad.

Oui, vous avez bien lu.

 Il faut un verre de sang de porc pour la pâte. Mais accrochez-vous à vos slips, car la recette de ce dessert ne s’arrête pas là : il faut aussi des raisins secs, des pruneaux, du rhum et … des lardons. Je vous JURE que c’est vrai, c’est ma collègue qui m’en a parlé en se léchant les babines (et aussi je l’ai lu dans un livre de recettes spécifiquement dédié aux fars, sinon on pourrait croire qu’elle a voulu me bizuter). D’ailleurs, sa copine qui était là m’a dit qu’elle en commande à sa voisine à chacun de ses anniversaires et qu’elle le congèle pour se le tremper dans son café le matin. Mais tous les ouessantins à qui j’en ai parlé regrettent une chose : la disparition progressive de ce far parce que : « le sang de porc, c’est plus aussi facile à trouver qu’avant, à cause des normes européennes ». Ça me dégoûte un peu (et apparemment je suis pas la seule car elles m’ont expliqué qu’on disait aux enfants que c’est du far au chocolat) mais je vais tenter de goûter avant mon départ.

En plus, Duhamel du Montceau, agronome sous Louis XV, écrit en 1759 dans son Moyens de conserver la santé aux équipage des vaisseaux: « Ces aliments farineux sont très nourrissants & de facile digestion puisqu’ils conviennent aux enfants & aux convalescents […]. D’autant que c’est à peu près la bouillie ou le far dont les Bretons les plus vigoureux se nourrissent presque uniquement». Sans m’en nourrir exclusivement, je vais tenter les fars.

Des brèves pour finir

A mon avis, mes nouvelles passions pour les coquillages, les algues, les oiseaux et les phares vont bientôt prendre plus de place que les plantes vertes que j’ai promis à ma mère de ne pas ramener.

En bord de mer, je dors très très bien. Même sous la lumière tournoyante du phare. D’ailleurs je vous laisse, je vais lire. C’est la tempête dehors, je suis dans l’ambiance adéquate. Je vous écris à nouveau très bientôt, j’ai plein d’expéditions exploratoires prévues ce weekend !

 La suite bientôt. Une visite de phare, du phoque, du breton et des réflexions profondes (ou pas)

Lire les autres chapitres

Chapitre 1 : L’arrivée

Chapitre 2 : L’exploration

Chapitre 3 : L’exploration (suite)

Chapitre 4 : L’exploration (fin)

Chapitre 6 : Marie B. travaille

 

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12 réflexions sur “Ouessant : ce que mes premiers jours m’ont appris

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