Marie B. à Ouessant – Chapitre 7

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Je m’identifie vachement à cette girouette. Seule face au vent!

Fais pas Stiff fais pas ça

 Alors donc, qu’ai-je fait de mon weekend?

Eh bien j’avais prévu d’aller explorer la partie Est de l’île, qui est donc la moins accessible pour moi (j’ai revu mes critères. Au-delà de 10 minutes en vélo c’est devenu loin). En outre, c’est aussi la plus haute et donc pour y aller, ça grimpe à mort (par contre pour revenir, on peut lâcher les pédales).

Au programme : le phare du Stiff (le deuxième phare terrestre de l’île) qui est aussi le siège du Conservatoire de l’Abeille Noire Bretonne (pour les lexicalement curieux d’entre vous (et je sais qu’il y en a), « abeille noire » se dit « gwenan du » en breton).

Samedi matin, pimpante et fraîche comme la rosée du matin, je suis allée faire mes courses, demander une livraison (entre 17h et 19h le soir même) pour attendre l’heure d’ouverture du phare (11h30).

Il faisait un vent terrible et je l’avais de face (je crois que mon vélo est magique. Le vent tourne en même temps que je pédale : il suffit que j’enfourche la bicyclette et BOUM, le vent tourne pour être face à moi) et en plus ça montait à mort. Un instant, j’ai réellement envisagé la possibilité de me décoller la plèvre et puis j’ai décidé que ça n’en valait pas la peine. C’est donc vaillante et fière que je n’ai pas hésité à mettre pied à terre et à pousser mon vélo dans une côte (et pas un faux-plat je vous prie de le croire) de plus d’un kilomètre. Faire du vélo OK, mais dans les pentes, faut pas déconner. J’en ai profité pour discuter avec une petite mamie qui avait apparemment la même philosophie à propos des vraies-pentes (par opposition aux faux-plats) et c’est de concert et en piapiatant que nous sommes arrivées en haut. Après lui avoir dit au revoir, je me suis dirigé vers, donc, le phare du Stiff qui domine toute l’île, du haut de ses 37m + 60m de falaise dessous.

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Le phare du Stiff et ses tours jumelées

Ce phare construit par Vauban a eu 300 ans en 1999. Il se distingue par sa lanterne en verre de bohème rouge et ses deux éclats (rouges donc) toutes les 20 secondes. Il est original par sa construction car, au lieu de n’avoir qu’une seule tour, il en a deux collées l’une à l’autre. La première abrite l’escalier qui dessert les pièces de la seconde (chambres, cambuse…). D’ailleurs, parlons-en des chambres. Il y en a trois dans le phare :

  • La première, au premier étage, près des courants d’air, est celle des gardiens de base. Deux lits clos , pas de cheminée.
  • La deuxième, celle du gardien chef. Un lit clos et une cheminée.
  • La troisième, qui n’était quasiment jamais utilisée (comme dans tous les phares d’ailleurs) : la chambre de l’ingénieur. Elle ne servait que lorsque celui-ci passait en tournée d’inspection dans les phares, pas souvent. Alors lui non seulement il avait le droit au lit clos et à la cheminée, mais aussi à un super nécessaire de toilette et à un petit bureau pour écrire. Et je ne vous parle même pas du parquet et des boiseries alors que dans les autres chambres, c’était de la pierre nue.
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Le lit clos de l’ingénieur. Vu le temps dehors, je n’avais qu’une envie : me mettre sous l’édredon!

Ensuite, la guide et moi sommes montées tout en haut. Ca soufflait sacrément fort, vent de nord, hyper froid, à te faire t’envoler. Le temps était hyper changeant : averse/grand soleil/pluie battante/grand soleil etc. Voici une photo que j’ai prise de là-haut, hyper vite pour éviter que mes mains ne se détachent de mes bras et se cassent en tombant par terre, gelées et en essayant de m’enfoncer le dos dans la pierre du mur derrière moi pour couper le vent (échec total). Le photo-journalisme est un sacerdoce, c’est moi qui vous le dit!

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Je suis donc vite redescendue en ayant l’impression d’avoir des mains en bois puisqu’elles ne bougeaient plus du tout. Et, pour me réchauffer (et parce que ça m’intéressait aussi), j’ai visité les deux expos qu’il y avait dans la salle d’accueil. Comme j’ai eu raison ! Elles étaient superbes !

Ouessant de A à Z

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La première était intitulée « Ouessant de A à Z » et tirée des écrits du dernier gardien de phare du Stiff. Ce monsieur avait acheté un répertoire et s’était fait un abécédaire sur le thème de l’île. L’expo y avait pris 26 entrées (de A à Z donc, merci de suivre) et les croquis, notes et dessins avaient été reproduits sur de la voile de bateau accompagnés d’illustrations très chouettes d’une agence de muséologie que je ne connaissais pas. J’ai été happée, accrochée par tout ça. L’expo était assez courte, mais j’y ai passé plus de deux heures. 20 minutes à lire les textes et le reste à admirer le travail d’illustration, d’impression, les couleurs, les coutures, les superposition de matières et les jeux de relief… J’ai adoré. A tel point que, chose rare, j’ai acheté le catalogue en sortant pour avoir tout loisir de regarder les dessins encore et encore.

En outre, j’ai trouvé l’idée de l’abécédaire tellement chouette que j’ai décidé de me l’approprier, avec mes mots à moi bien sûr, pour me souvenir de mon séjour ici ! J’ai déjà plein de mots, mais certaines lettres, telles que le X, le Z ou le W (et le Q aussi) me posent problème. J’ai encore trois mois et demi pour trouver, je ne me fait pas de soucis !

L’abeille cool l’abeille cool l’abeille cool…(à répéter très vite)

Comme je vous l’ai dit plus haut, le phare du Stiff est le siège du Conservatoire de l’Abeille Noire Bretonne. La seconde exposition était donc consacrée à cette dernière. J’y ai appris des tas de choses, notamment que l’abeille noire d’Ouessant est la dernière lignée « pure » d’abeille noire en Europe (en écrivant ceci, j’ai l’impression d’être Hitler en personne). En effet, les autres se sont mélangées avec des abeilles non noires (ouuuuh la ségrégation !). Merci les 20 km qui séparent l’île des côtes (trop long pour les petites ailes d’un bourdon non-noir qui voudrait copuler un peu exotique). Autre avantage de l’insularité, pas de varroa, le fléau qui touche toute l’Europe en ce moment (c’est un acarien qui suce le cerveau des abeilles. Un faiseur d’abeilles zombies en gros). Et donc pas besoin de traiter les ruches. En outre, Ouessant n’a JAMAIS connu d’agriculture intensive. Il n’y a donc jamais eu de pesticides sur l’île. Pour toutes ces raisons, l’abeille noire est une warrior qui produit un miel « bio » sans produits chimiques ni antibiotiques.

Je suis repartie du Stiff enchantée et ayant envie de revenir. Je suis rentrée à vélo (tout en descente wouhouuu !) et, petit plaisir, j’ai lâché les pédales jusqu’à Lampaul 😀 !

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Entrée dans Lampaul. Yeeeha!
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