Je (suis une) peste à Budapest

Cet article est placé sous le haut patronage d’Edith Piaf (dont j’ai les chansons en tête grâce à mon voisin portugais qui écoute la radio à fond, ce qui m’oblige à faire des jeux de mots foireux pour exorciser) et sponsorisé par l’amicale Bon Appétit Bien Sûr. A vos risques et périls…

Un avertissement pour commencer

J’ai beaucoup hésité avant de publier ce billet sous cette forme. Parce que je m’y décris  comme une incroyable pleurnicharde et une insupportable râleuse. Beaucoup d’entre vous plaindront sans doute mon amoureux après sa lecture. Malgré tout, j’ai décidé d’évoquer mes humeurs et mes états d’âmes.

Parce que ça arrive, en voyage, d’être mal fichu, d’avoir des journées où tout semble aller de travers, où on est levés du pied gauche.

Pour ma part, c’était la première fois que ça m’arrivait et je me suis sentie horriblement coupable car ça sortait de nulle part et mon pauvre amoureux n’y pouvait rien. J’avais complètement conscience de la chance incroyable que j’avais d’être dans une des capitales les plus romantiques d’Europe (du monde?) avec le mec que j’aime. Et ça m’énervait encore plus de ne pas réussir à profiter à fond pour des raisons débiles : j’ai faim, j’ai chaud, j’ai mal à la tête… (#jai5ans). Mais le voyage, c’est aussi ça j’ai l’impression. Accepter d’être en voyage « comme à la maison ». Alors ne soyez pas trop durs avec moi s’il vous plait. Bonne lecture!

Halles (et venez Mylord)

Pour notre deuxième jour en terre hongroise, le soleil était encore au rendez-vous, aussi chaud que la veille.

De Budapest à la Bourgogne

Premier objectif de la journée : visiter les Halles de la ville, célèbre bâtiment aux toits de tuiles vernissées qui dessinent chevrons et motifs en couleur. J’adore. Pour les bourguignons parmi vous (y en a-t-il?), je pense instantanément aux Hospices de Beaune et à la ville de Dijon dont les toit vernissés sont la première chose qu’on aperçoit quand on arrive.

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Ne me demandez pas ce qui s’est passé au niveau du cadrage, j’en sais rien. Un moment de folie sans doute?

A l’intérieur de ce superbe bâtiment construit par… Je vous laisse deviner qui, rapport aux armatures métalliques (#cocorico) (allez, j’suis sympa, la réponse était : Gustave Eiffel), bref, à l’intérieur, c’est une ruche. Tout le monde s’agite dans tous les sens pour acheter ou vendre à manger (ou des souvenirs pour touristes).

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Principalement de la charcuterie, soyons honnêtes.

D’ailleurs, parlons-en de la charcuterie hongroise. Du sucre, DU SUCRE, DU SUCRE ! Comment est-ce possible de mettre du sucre dans le saucisson ? Et dans le salami ? Non, non et NON, je proteste vigoureusement ! Ce jour là, après trois essais dans trois charcuteries différentes, je suis à deux doigts de faire une manif.

Nous essayons donc de nous rabattre sur les fruits et légumes, mais il y a assez peu de vendeurs et, pour couronner le tout et contrairement à nos habitudes, nous n’avons pas de couteau. En effet, j’ai crâné dans mon précédent billet en disant que j’avais voyagé léger (une première pour moi). Mais le désavantage de n’avoir qu’un bagage cabine, c’est les normes de sécurité en vol. Et donc, j’ai dû laisser mon Opinel (et mon shampooing)  à la maison pour ne pas les voir finir à la poubelle.

J’en profite pour glisser ici un

Plaidoyer en faveur du port de l’Opinel en sac à main

Souvent, les gens sont étonnés quand ils me voient le sortir/le mettre dans mon sac : « Mais qu’est-ce que t’as besoin d’avoir un couteau sur toi en permanence ?!» (Syntaxe, priez pour eux). Ils présupposent tous que c’est pour me défendre et me lancent avec un petit air suffisant : « c’est débile ».

Sur ce dernier point, je suis entièrement d’accord.

Un Opinel pour se défendre, c’est débile.

Déjà parce que t’aurais jamais le temps de le déplier face à ton agresseur.

En plus, pour le retrouver dans le chaos du sac à main (les filles, on se comprend), c’est même pas la peine : « un instant monsieur s’il vous plait, je cherche quelque chose dans mon sac à main, vous pourrez reprendre votre agression dans une toute petite minute».

Ensuite, je serais tout bonnement incapable d’utiliser un couteau sur un autre être humain, pour plusieurs raisons dont la principale est que je ne supporte pas la vue du sang qui me fait instantanément tourner de l’œil.

Maintenant qu’on a établi que je ne compte agresser que des trucs qui se mangent avec (et notamment du sauciflard), j’aimerais insister sur ce point : si vous saviez comme c’est utile TOUT LE TEMPS d’avoir un couteau sur soi, vous ne vous en passeriez plus! Il n’y a pas une semaine où je ne le sors pas de mon sac à main pour pique-niquer/couper un fil qui dépasse/ouvrir les poches du costume neuf d’un pote (vécu)/dévisser un truc car je n’ai pas de tournevis…

Mais revenons en Hongrie où mon amoureux et moi nous trouvons fort démunis sans couteau face aux fruits et légumes et décidons donc de nous rabattre sur une boulangerie qui a l’air chouette et qui fait des flûtes feuilletées au fromage (ma folie), des tartes, des hot-dogs (à la saucisse sucrée, grumph) et des strudel au dessert. On prend un de chaque et on repart explorer les Halles.

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Faut reconnaître que c’est vraiment beau.

A l’étage, les vendeurs de souvenirs/textiles se tirent la bourre. Ils vendent tous la même chose, exactement la même chose.

C’est déprimant.

Malgré tout, il faut reconnaître que les célèbres broderies hongroises sont magnifiques (mon côté amer se demande si ça aussi, c’est fait en Chine).

Fatigués par la foule qui s’élance et qui danse une folle farandole (et dans mon cas énervée par les odeurs de saucisses sucrée flottant partout)(« c’est-y pas dieu possible de mettre du sucre dans la charcuterie… » radote mémé Marie), nous quittons les Halles.

Jusque-là, ce voyage me déçoit (et ça m’énerve). Je ne me sens pas en phase avec le pays, complètement hermétique. Nos seules relations avec les hongrois sont commerciales, et les passants dans la rues sont mal-aimables. Et nous voyons plus de français et autres nationalités de touristes que de « vrais » budapestois.

C’est donc en trainant un peu des pieds que je continue la promenade, même si son but final est le petit musée d’Histoire de la Médecine que j’ai trouvé sur le guide.

Il faut savoir un truc : si les Muséums d’Histoire Naturelle sont mon grand kiff devant l’Éternel, les musées médicaux sont la cerise sur le gâteau, le haut du panier du vivant momifié, de la Science en marche, du gore culturel.

 J’adore ça.

Formol et vieilles boiseries

On y trouve souvent des choses qu’on ne voit nulle part ailleurs. Par exemple, dans celui de Paris (qui est dans la fac de médecine), il y a surtout du fœtus en bocal, mais aussi des instruments, des moulages de cire (céroplastie) et des étudiants venus apprendre. Au risque de vous paraître bizarre, je suis fascinée par les trucs humains dans des bocaux. J’adore ça (bis). J’ai l’impression de me retrouver illico au 19e, dans l’odeur du formol et des vieilles boiseries.

Car c’est un fait, ce genre d’objet de collection se retrouve rarement dans les musées modernes. Ils ont même tendance à disparaitre, enlevés des étagères pour cause « d’éthique » dans le traitement des restes humains. Je mets des guillemets car je ne suis pas convaincue que ça soit faire preuve d’éthique que de supprimer tout un pan de l’histoire des collections muséales.

En outre, si on va dans le sens du respect des restes humains, on enlève toutes les momies (coucou le Louvre, prêts à voir partir l’une des pièces qui vous amène le plus de visiteurs ?), tous les écorchés, tous les crânes/morceaux de corps paléontologiques… Mais ceci est un autre débat, même si je trouve cette posture actuelle qui consiste à tout uniformiser pour éviter de choquer absolument dommage.

Déjà parce que, comme je l’ai évoqué plus haut, c’est tout un pan de l’histoire muséale et médicale qui est en train d’être effacé. Ensuite, parce que sous couvert de « ne pas faire peur aux enfants » (excuse TRÈS souvent employée), c’est souvent des pressions extérieures (par exemple issues des différentes religions) qui sont à l’origine du retrait de ces collections des vitrines des musées. Personnellement, c’est une vitrine pleine de « monstres » (au sens tératologique du terme) (ne google pas ce mot, je te l’explique plus bas) vue au muséum National d’Histoire naturelle quand j’avais huit ans qui m’a donné la vocation.

Allez dis nous Tante Marie, c’est quoi la tératologie?

Une petite explication s’impose pour que tu ne tombes pas sur des photos Google sans y être préparé

Notre ami Wikipédia nous apprend qu’il s’agit de : « la science des anomalies de l’organisation anatomique, congénitale et héréditaire, des êtres vivants » et qu’elle «a longtemps été assimilée à l’étude des « monstres » humains et animaux, c’est- à-dire des anomalies les plus spectaculaires […]».

En gros, c’est l’étude des fœtus/embryons mal formés : chats cyclopes, moutons à cinq pattes, jumeaux siamois, nouveaux-nés hydrocéphales (que du miam dans cet article oulala !)…

Au XVIIIe siècle ça devient une science à part entière (qui a débouché aujourd’hui sur l’embryologie), science dont les méthodes passent par l’analyse des « corps ». Or, pour les conserver, y’a pas 36 solutions. Il n’y en a même qu’une : le bocal de gnôle/de formol. C’est ainsi que les musées d’histoire naturelle et autres musées médicaux (dont le but premier était l’éducation du plus grand nombre et la formation des scientifiques/médecins) créent des collections de « monstres » en bocaux. Collections qui sont aujourd’hui en train de disparaître et c’est bien dommage.

Mais revenons à cette vitrine qui m’a donné ma vocation, c’est aussi elle qui fait qu’aujourd’hui, je « collectionne » les muséums, musées d’histoire de la médecine et autres jardins botaniques partout dans le monde. Je n’ai pas compté, mais ça commence à faire un sacré paquet.

Paquet auquel je comptais bien ajouter un musée ou deux à Budapest, et notamment celui de l’histoire médicale, revenons à nos moutons.

Mais avant, nous avions décidé de pique-niquer dans le parc qui se trouve juste de l’autre côté du pont qui part des Halles et qui s’appelle « Gellért-hegy ».

Aller siffler là haut sur la colline

(et quand je dis « siffler », j’évoque le bruit de mes poumons en haut de la côte)

Très joli, ce jardin a toutefois le gros désavantage de se trouver sur une colline (et je crois que c’est ce que signifie le « hegy » en hongrois.)

Une colline très escarpée.

Le sport et moi étant copains comme cochon (#barbiegrossementeuse), c’est suante et suffocante dans ma délicate et mignonne petite robe rouge que je suis arrivée en haut (une vraie princesse dis donc).

Heureusement, on se trouve un petit belvédère très mignon avec vue sur le Danube (Johan Strauss II était un menteur, il n’est pas bleu du tout) pour pique-niquer (❤ et se faire des bisous ❤ ) sans subir les hordes de touristes, ce qui sera notre préoccupation principale du séjour (les bisous, pas le pique-nique), avec « trouver de la bouffe non sucrée ».

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Vue depuis le belvédère. Les halles sont très reconnaissables.
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En regardant vers le parlement

En fin de pique-nique, nous sommes rejoint par une mamie et son petit fils (hongrois) qui rejouent la scène de présentation de Simba aux animaux de la jungle dans Le Roi Lion (ou le « do you trust me » de Titanic, c’est au choix, selon ta culture cinématographique).

Ensuite, deux chinois arrivent, tournent immédiatement le dos au paysage, font des selfies et s’en vont.

Nous décidons de faire comme eux et poursuivons notre ascension jusqu’à un monument que j’ai appelé pendant tout le séjour « la statue de la liberté » faute de connaître son nom hongrois. Apparemment, ça serait « Szabadsàg-szobor ».

Désolée, mais je vais rester avec « Statue de la Liberté ». Je vous avait prévenu, au-delà de 2 z, je ne retiens pas.

Chacun ses limites, appelez-moi Dory.

Soyons honnêtes, quand je l’ai vu (de loin, d’en bas et depuis l’autre côté du fleuve), le premier truc que j’ai dit c’est « mais qu’est-ce que c’est que ce truc moche à la gloire du communisme ? ».

Qu’est-ce que je peux dire comme conneries par ignorance des fois, c’est effrayant.

Tourner 7 fois sa langue dans la bouche de son voisin est un bon moyen d’éviter de dire des conneries

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Le « truc moche à la gloire du communisme » la première fois que je l’ai vu
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Et encore en arrière plan. On le voit vraiment de partout!
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Vue de son pied

Parce que si cette statue de 40 m de haut (piédestal de 26 m et statue de 14 m) a été effectivement érigée à l’origine pour commémorer la libération de Budapest par les troupes soviétiques et la fin de l’occupation nazie, elle est maintenant dédiée « à la mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance, la liberté et la prospérité de la Hongrie ». En effet, on ne peut pas dire que les années du communisme y aient laissé un très bon souvenir.

En plus, j’exagérais (c’est pourtant pas dans mes habitudes…), elle n’est pas moche. Elle fait juste un peu « trop » grandiose quand on la voit pour la première fois, statue de 40 mètres de haut au sommet d’une colline visible d’à peu près partout en ville. Aujourd’hui, c’est un spot où les touristes viennent observer le panorama et faire des selfies.

Une rencontre inattendue

En redescendant de l’autre côté de la colline, nous arrivons enfin devant le musée qui était vraiment bien caché. En effet, il nous aura fallu passer devant une dizaine de fois puis chercher un hongrois parlant anglais ET connaissant le quartier (combo assez rare) pour réussir à trouver l’entrée.

Ceci aurait peut-être pu nous aiguiller…

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Dans la vitrine d’accueil, il y avait ce squelette avec des yeux. Je me suis dit que ça allait être cool.

Après avoir monté un escalier en colimaçon et traversé les couloirs de ce qui semblait être un immeuble d’habitation, nous arrivons à l’accueil où attendent trois dames.

L’une d’entre elles fait carrément la sieste, ce qui vous donne une idée de l’animation du lieu. Il fait chaud, il fait sombre, tous les éléments sont réunis pour le parfait petit musée gore à l’ancienne.

Chouette !

D’un point de vue muséologique, rien de grandiose : c’est effectivement un petit musée à l’ancienne comme je les aime. Par contre, pour le gore on repassera. Ici, seulement des vitrines classées par zones géographiques et ordre chronologique : chirurgie dans l’Antiquité (Egypte/Grèce/Europe du Nord…), techniques et outils de la Renaissance (Chine/Europe…), la reconstitution d’une pharmacie hongroise…

Rien de bien palpitant jusqu’à ce que…

Mais oui !

C’est une « Vénus anatomique » ! ❤

La Vénus à la fourrure à poil

Une Vénus anatomique (ou « Vénus des médecins ») est une sculpture en cire extrêmement précise qui représente une femme alanguie, en extase, dans la mort.

Tous ses organes, moulés sur des vrais, sont démontables (et dans l’exacte position où ils se trouvent dans la réalité), ainsi que certaines parties de son corps (genre docteur maboule, mais en mieux et qui fait pas de bruit). Par exemple, le ventre se soulève pour laisser voir la couche musculaire/graisseuse, qui elle-même est amovible et sous laquelle on peut voir les intestins (#bonappétitbiensûr) (j’ai hésité avec « entrailles »et « tripes » mais ça ne semblait pas vraiment convenir. « Intestin » est plus soft je trouve).venus-anatomique-blog

Clairement, là, la meuf kiffe. Genre « ooooh ouiiii, je suis morte et je vais rejoindre mon créateur » (c’est l’idée voulue par les sculpteurs). En arrière plan, quelques couches démontées. Cette photo a été prise au Palazzo Poggi à Bologne. Elle est pas magnifique?

Ainsi, les étudiants en médecine avaient une vision réaliste et précise de l’intérieur du corps humain avant de devoir intervenir sur de vrais patients. Vous en conviendrez, c’est tout de même mieux pour les chances de survie.

Mais si la précision anatomique était la préoccupation première, l’aspect esthétique était traité avec une égale importance.

En effet, ce genre de représentation avaient pour but non seulement de servir aux étudiants en médecine pour étudier l’anatomie, mais également de montrer le lien entre l’humain et le divin, la science et la religion, à une époque où cette dernière était encore très prégnante dans la société.

Là dedans, plusieurs choses me fascinent, au delà de la simple esthétique de l’objet. D’abord le temps qu’il fallait pour réaliser chaque sculpture. Tous les organes étaient moulés sur des vrais (des corps non réclamés venus des hôpitaux), et il fallait environ 200 corps pour fabriquer une seule Vénus. En effet, le processus de moulage prenait du temps et la décomposition commençait vite, vu qu’ils n’avaient pas de frigo dans l’Italie de la Renaissance. De même, les cheveux et les cils étaient implantés un par un (et c’était de vrais cheveux et de vrais cils).

Bref, dans ces objets, Art et Science sont intimement mêlés et, parfois, c’est ce qui me manque dans certains muséums. La Science, c’est beau. Les objets et outils scientifique aussi. Pourquoi ne pas les magnifier?

Au-delà de ça, nous avons aussi vu quelques modèles en cire de coupes de cerveau mais après, l’exposition s’enfonçait dans des vitrines assez chiantes uniquement remplies d’instruments chirurgicaux sans explication.

La fatigue de l’escalade de la colline et la chaleur ont eu raison de nous :

  • soit nous sortions pour aller finir notre journée aux thermes
  • soit nous faisions la sieste dans les fauteuils de dentistes qui étaient présentés et sur lesquels il y avait marqué en hongrois « Ne pas s’asseoir ». Enfin, c’est ce que j’ai supposé. Si ça se trouve c’était « consultation gratuite », vu qu’en Hongrie ils ont apparemment un fort tourisme dentaire. Sans déconner, j’ai pas vu un seul prospectus où il n’y a pas marqué «venez faire soigner vos dents en Hongrie, devis gratuit, langues parlées *tous les drapeaux du monde*».
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Ici sur le plan touristique de la ville.

Même si la deuxième proposition était vraiment tentante, c’est pour la première que nous avons opté.

Mais tant qu’à être de ce côté du fleuve, nous sommes passés par la Galerie National dont l’entrée est gratuite avec la Budapest Card. Nous ne sommes restés que très peu de temps (on était vraiment crevés et les thermes nous appelaient à grands cris), mais assez pour deux choses :

  • voir que les jardins autour sont beaux
  • nous perdre (et vive les architectes hongrois)
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Vue vers le Danube
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Romantique petit coin pour se rouler des galoches en toute discrétion

Et puis l’habituel combo tram/métro/bus nous a ramené à l’hôtel, juste le temps de récupérer maillots et serviettes avant de filer cette fois-ci… Aux thermes de Chicheni (qui ne s’écrivent pas comme ça mais c’est la seule manière que j’ai trouvé de retenir le nom qui comportait bien trop de consonnes pour être honnête). Après un copié-collé de Wikipédia, voilà la véritable orthographe : Széchényi. Ceci dit, vous tapez « Chicheni bains Budapest » dans Google et vous aurez les bons résultats.

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A Budapest, les tramways sont jaunes comme à Lisbonne et c’est vraiment super joli

Migraine, mi-raisin

Pour y arriver, nous avons traversé un parc, nous nous sommes perdus (oui, encore), avons demandé notre chemin demandé à des policiers hongrois et sommes enfin arrivés à destination.

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Les termes de Széchényi vus de dehors. Pour le cadrage, désolée, c’est la migraine qui a pris la photo.

Petit soucis, un employé nous ferme littéralement la porte au nez. Genre on monte le perron d’une dizaine de marches et là : « clong », porte fermée (et quand je dis porte, je parle d’une porte de 4m de haut en bois sculpté et mouluré, pas d’une bête portasse en aggloméré). Tu te sens bien pouilleux quand une porte de cette envergure claque juste devant toi, je peux te le dire !

Ça n’arrange pas mon humeur ronchon (qui devient beaucoup trop fréquente dans ce voyage) car la migraine me vrille la tête. Je suis à deux doigts de tourner de l’œil. J’essaye différentes techniques (huile essentielle de menthe poivrée, réflexologie en me pinçant le poignet…) mais rien n’y fait, je ne vois plus clair quand je marche et j’ai le cœur au bord des lèvres. Vu que j’ai vraiment fait un effort pour venir à pied, me faire jeter comme ça par une bête porte fermée me donne envie de pleurer.

Moi je voulais juste aller au hammam faire passer ma migraine, c’est pas juste (#caliméro)!

En plus, on a lu partout que ça fermait à 22h et il n’est que 17h30 ! Heureusement, mon amoureux qui est d’une patience d’ange suggère que nous fassions le tour du bâtiment (qui est vraiment grand). Bien lui en a pris car une autre entrée est encore ouverte. Nous nous engouffrons dans la brèche et pouvons enfin accéder aux bassins (pour ma part, non sans me perdre encore une fois dans le dédale des couloirs, vestiaires et escaliers) (Dieu merci cependant, j’ai réussi à ne voir aucun homme nu cette fois).

Le plus dur est de traverser l’espace entre la sortie de vestiaires et l’eau en maillot (il fait frais, le soir tombe). Ensuite, l’eau délicieusement chaude nous entoure et nous bloubloutons, heureux tels deux petits pots-au-feu qui mijotent bien au chaud (parmi des hordes de touristes cependant).

Ma migraine se fait moins forte, mais j’aimerais beaucoup que tous ces gens s’en aillent et me laissent le bassin pour moi seule. Dans ma rêverie migraine-mi-pot-au-feu, je me dis que quand je serai riche comme Beyoncé, je ferai ça : privatiser les endroits cools rien que pour moi.

Tout autour de nous, et ce n’est pas qu’un cliché finalement, un tas de vieux jouent aux échecs, à demi immergés dans le bouillon. Il y a beaucoup de monde (il ne manque plus que le bouquet garni) donc nous partons en exploration pour trouver l’espace spa.

Et c’est alors que nous réalisons que dans tous les thermes de Budapest, il y a deux types d’espace : le bassin « loisir » où tout le monde va, (surtout les touristes car c’est les plus faciles à trouver : on tombe dessus tout de suite) et … les bassins « thermaux », beaucoup moins bondés (voir pas du tout) car beaucoup plus difficiles à trouver sans l’aide des panneaux (qui sont évidemment en hongrois).

Après avoir vaincu le complot magyar visant à nous ralentir dans l’accès aux thermes, nous débarquons enfin dans une salle qui est, une fois de plus, splendide.

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Yeeha! Bassin thermal!

Il n’y a presque personne et on peut enfin profiter de la chaleur de l’eau, du hammam et du sauna sans se faire marcher dessus par des français qui croient que personne ne les comprend et qui braillent « HAHAHA REGARDE CE MEC IL PORTE UN SLIP! MAIS DIS MOI, DANS QUEL MONDE ON PORTE UN SLIP DE BAIN ?! » (dans ce genre de circonstances, mon amoureux et moi nous restons étrangement silencieux, faisant de notre mieux pour avoir l’air russe ou, en tout cas, de n’importe quelle autre nationalité que française, histoire de ne pas être pis à partie). Le pied.

Lorsque nous ressortons dans les bassins extérieurs, il fait nuit noire. Nous étions à Budapest en période de JO, alors un écran géant avait été installé. Et c’est donc dans l’eau chaude jusqu’au cou (parce que maintenant, dehors, il fais carrément froid pour être mouillés) et avec passion (ou pas) que nous assistons à un match de fleuret « Hongrie – Corée du Sud », puis à une épreuve de ping-pong entre la Chine et l’Ukraine. Autour de nous, presque plus personne. On se sent bien. Ma migraine est passée.

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L’endroit idéal pour regarder les jeux olympiques

Nous sortons du bain vers 22h, tout fripés par l’eau et affamés.

Gastronomie et empire Ottoman

Nous nous mettons en quête d’un restaurant encore ouvert, et c’est devant Keleti Palyaudvar (la gare) que nous trouvons notre bonheur : un restaurant turc. Et par turc, comprenez-moi bien : je parle d’un kebab.

Oh, je sais bien ce que vous vous dites ! Je vous vois, derrière votre écran avec vos petits regards désapprobateurs ! « Quelle honte de manger un kebab alors qu’on est en Hongrie » ! « Ils ne mangent pas hongrois ! » « Ouuuuh, elle va dans un pays étranger et elle ne mange même pas des plats locaux, bouuuuh ! ».

Ok, je valide. C’est aussi un peu ma réaction.

Mais vous apprendrez, bande de petits malins, que la Hongrie a été sous domination ottomane pendant environ 150 ans (« empire ottoman », aka une autre façon de dire « turc ») et donc que les kebabs, le boulgour et autres feuilles de vigne farcies sont en quelque sorte AUSSI des plats typiques de Hongrie ! HAHA ! Ça désaprobationne moins là tout de suite, hein !

En plus, les restaus turcs de Hongrie (appelés Gyros il me semble) n’ont rien à voir avec nos kebabs français qui, il faut le reconnaitre, sont souvent crapoteux, graisseux, puants et sales (même si j’y mange souvent, car 1 – j’adore les kebabs et 2 – je trouve important de soutenir son système immunitaire en le confrontant à des tas de situations).

Ils sont grands, hyper propres, et avec un choix de plats très variés. Par exemple, ce soir-là, nous avions le choix, entre des frites, certes, mais aussi du boulgour, de la salade grecque, des feuilles de vignes farcies ou des légumes sautés. Et la viande, mon dieu, elle était délicieuse ! Moi j’avais choisi un genre de poulet frit pané aux corn-flakes  avec une sauce blanche maison au yaourt et à l’ail. C’était vraiment monstrueusement bon. Le pied intégral après une journée de marche éreintante et cinq heures de macération en piscine chaude.

Ainsi c’est tout propres, le ventre bien plein et très fatigués que nous avons repris le chemin de notre hôtel à pied, main dans la main en contemplant la nuit hongroise.

Suite de nos aventures dans le prochain billet!

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Retrouvez le reste du récit de notre voyage à Budapest ici

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13 réflexions sur “Je (suis une) peste à Budapest

    1. Oh mince, pourquoi? Qu’est ce qui t’avait déplu?
      Je pense que si je n’étais restée que deux jours, j’aurais aussi gardé un mauvais souvenir de la ville, mais ça s’est arrangé par la suite et maintenant, j’ai envie d’y retourner en hiver!

      J'aime

      1. J’ai passé une semaine à Budapest et les gens étaient froids, voire désagréables. Je me faisais lancer ma monnaie chaque fois que j’allais faire des courses. Je me sentais de trop. J’avais beau me dire que la Hongrie a souffert beaucoup à cause des étrangers, j’avais tout le même le motton et c’était difficile de ne pas le prendre personnel. Ce fut une très longue semaine!

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      2. Je comprends totalement! Je n’ai pas eu d’interactions sympa avec les hongrois, même pas avec les commerçants!
        Après, peut-être ce n’est que la capitale, parce que si on jugeait tous les français sur les parisiens, on aurait une sacré réputation (même si je sais qu’on en a déjà une 😉 )

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  1. Je découvre ton blog grâce au café des blogueuses et même si je ne suis pas du tout portée sur les blogs voyages, j’ai adoré te lire ! J’essaye de pas rire trop fort parce que je ne suis pas toute seule dans la pièce mais c’était vraiment chouette. Ton honnêteté sur ton expérience et le fait qu’il n’y ait pas les habituelles envolées lyriques propres aux blogs voyages m’a vraiment donné envie d’aller à Budapest. J’ai aussi très envie de kebab avec sauce à l’ail maison mais ça, je crois que ça devra attendre…

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    1. Oh merci pour ces mots gentils! Oui, j’avoue que je suis souvent frustrée par le côté trop « guide de voyage » de certains articles qui me laissent sur ma faim quand j’aimerais lire des récits vivants et sincères! Du coup c’est ce que j’essaye de faire de mon côté! Contente que ça t’ai plu!
      PS : le nom de ton blog me fait beaucoup rire, je vais jeter un oeil de suite!

      J'aime

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