Femme en voyage : t’es cup ou pas cup ?

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Oui bonjour, je suis bien à « l’Origine du Monde » ? C’est ici pour la cup ?

La cup menstruelle est-elle travel-friendly ?

Ma choune en voyage : quelle(s) protection(s) périodique(s) ?

Je vous l’ai dit il y a peu, Mich et moi nous envolerons pour les States le 4 Septembre 2018.

J’ai réalisé depuis que ça sera sans doute le lendemain de la rentrée des classes. C’est symbolique et c’est hyper délicieux de savoir des mois à l’avance que ce jour-là, on fera l’école buissonnière quand tout le monde reprendra le chemin des cours ou du bureau.

Après l’article sur la cystite qui a eu un succès fou (merci d’ailleurs, à celles et ceux qui l’ont partagé sur les réseaux sociaux), je voulais parler avec vous du fait d’être une FÂÂÂME en voyage et de la question la plus problématique que ça pose : les REGLES.

Les règles, ça te prend plus ou moins par surprise une fois par mois, ça te fatigue et te renfrogne (dans le meilleur des cas), voir même ça te fait mal. Mais en plus, ça nécessite du matos, à savoir des protections périodiques : serviettes, tampons ou la relativement récente cup.

Personnellement, c’est cette dernière que j’ai choisi d’emporter avec moi. Je vous explique pourquoi.

Une cup c’est quoi ?

First things first : définition !

Et quand on a une question, Google et Wiki sont nos amis :

Une coupe menstruelle est une protection hygiénique féminine utilisé lors des règles. Il s’agit d’une petite coupe en forme d’entonnoir aux bords arrondis et terminée le plus souvent par une petite tige. Le plus souvent, elle est faite de silicone médical. On la place à l’intérieur du vagin pour recueillir le sang.

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Donc, une cup, c’est ça.

Ca à l’air dégueu comme ça, et j’ai d’ailleurs passé des années à dire

« Non, non, NON ! C’est immonde, la cup ne passera jamais par moi »

(je suis une fille assez mesurée).

Et puis j’ai continué mon chemin de femme et je me suis demandé pourquoi je devrais avoir honte du fonctionnement normal de mon corps, pourquoi les règles sont si taboues et pourquoi je devrais trouver ça dégueulasse. J’ai changé d’avis.

Sur ces sujets, retrouvez un super podcast en quatre parties, un super livre et un super blog

Ma première fois avec une cup

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Je suis l’autrice de ce dessin, merci de ne pas le reproduire ou l’utiliser sans mon autorisation expresse.

C’est pourquoi un soir d’août dernier, je suis entrée dans un magasin bio et j’ai acheté une cup. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j’étais excitée comme une puce et j’avais hâte d’essayer.

Mes règles arrivent enfin, trois jours plus tard. Hiiii ! (petit cri d’excitation)

C’était un jeudi matin, juste avant que je ne parte au boulot. Je m’apprêtais naïvement et avec joie à mettre ma cup et à partir travailler, légère et vaillante comme une amazone moderne.

J’avais même prévu un peu de temps en plus car je savais d’après les témoignages que j’avais lu que ça pouvait être « un peu difficile la première fois », le temps de trouver le bon angle, le pliage… « Un coup de main à prendre hihi !».

Hihi. C’EST CA OUAIS !

Quelques déboires (je vous les raconte car j’aime vous faire rire à mes dépens)

Je me suis retrouvée à 6h30 cul nu dans ma cuisine (où je venais de laver ma cup), un pied sur la table et ma cup pliée entre les doigts. Fastoche ! Sauf que le silicone ça glisse. Et donc, pile au moment où j’allais l’insérer (elle était donc quasi collée à ma choune) : « PLOP ! » elle s’est dépliée. Or, un bout de silicone qui se déplie d’un coup, ça fait l’effet d’une pichenette, pile à l’endroit de ton corps où tu as le moins envie d’en recevoir. J’ai donc gueulé.

Et puis, têtue, j’ai réessayé. Là c’est rentré tout seul. J’ai commencé à parader, toujours cul nu, toujours toute seule dans la cuisine, trop fière de moi. Et puis je me suis rendu compte que la tige était trop longue. J’ai donc tiré dessus pour faire ressortir la cup. J’ai coupé un bout de la tige, re-nettoyé la cup, et en avant Guingamp, j’ai tenté de la réinsérer. Re « PLOP ! », re « AÏE ! », reprise de la situation en main. Et c’était mis. Genre, il m’a fallu environ 15 min la première fois.

Je suis partie au travail avec l’impression d’être une guerrière.

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Le soir, je l’ai retirée comme qui rigole, et l’ai remise en place pour la nuit.

J’ai moins fait la maline le lendemain matin, quand je me suis aperçu qu’elle était remontée TOUT AU FOND de mon vagin et que je n’arrivais plus à l’atteindre avec mes doigts. J’ai donc fait ce que fait toute personne dans ces conditions : j’ai paniqué.

Or, comme dit le proverbe : « vagin paniqué = vagin crispé ».

(comment ça « ce proverbe n’existe pas » ?!)

Pire situation du monde pour faire ressortir un objet. J’ai essayé 20 minutes, en faisant des exercices de respiration (TMTC la technique du petit chien), en poussant, etc.

Et plus le temps passait, plus j’essayais, plus je me faisait mal et plus je me disait que j’allais être en retard au travail et moins je me détendais. Le cercle vicieux.

J’ai donc enfilé une culotte, une robe et suis partie en sueur, pas coiffée, pas théinée, sans m’être brosser ni les dents ni les cheveux.

J’étais AU TOP !

Et toujours paniquée.

J’ai écrit à mes copines qui elles, utilisent la cup depuis longtemps un message hyper raisonnable du style : « OHMONDIEU MA CUP EST COINCEE JE VAIS CREVER DE SEPTICEMIE !!! ».

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Comment je me sentais à ce moment là.

J’ai eu deux réponses :

  • « lol Marie B. Détends toi » et
  • « hahaha comment tu as fait ? Il faut que tu te détendes »

Merci les filles.

J’exagère, parce qu’après elles m’ont assuré un SAV impec et c’est grâce à elles que j’ai notamment eu ce merveilleux conseil : « Bois beaucoup. Ca va faire gonfler ta vessie et quand tu feras pipi, la pression va pousser la cup vers le bas et détendre les muscles de la zone. »

Heureusement que c’était le mois d’août et que j’étais la seule de mon étage à bosser ! Je me suis enfilé trois thés en une heure et puis je suis allé mettre le conseil en application. Et là, MIRACLE ! Sans la pression de l’horaire et la panique, c’est sorti tout seul.

Depuis, je n’ai plus jamais eu de problème avec ma cup et je vous assure que c’est un vrai changement par rapport aux tampons. Je ne peux que vous encourager à l’essayer, même si bien sûr, chacune reste libre de ses choix. Outre le confort que ça apporte au quotidien, voici les raisons qui m’ont poussé à choisir la cup pour partir en voyage.

Petit plus pour celles qui veulent savoir comment ça se passe à l’intérieur, cette vidéo est très bien faite.

Pourquoi la cup ? Le respect de mes valeurs

Oui, vous vous demandez sans doute POURQUOI je me suis infligé ça, pichenettes dans la choune et compagnie… Eh bien pour une raison simple. Dans ma vie j’ai deux ou trois valeurs phares (dans le désordre) : le féminisme, l’écologie, mon bien-être/ ma santé et la praticité. Dans mes actes de tous les jours et dans mon mode de consommation, j’essaye de les respecter le plus possible , en étant souvent freinée par le nerf de la guerre : l’argent.

Or, la cup répond à toutes mes exigences éthiques.

Côté pratique : la BASE

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Moi, quand je me casse à l’autre bout du monde avec ma cup et mon couteau. Photo by Daiga Ellaby on Unsplash

Comme vous le savez, j’envisage le voyage de manière longue et « slow », puisque c’est le terme à la mode.

Je n’ai jamais été une sprinteuse (ni une coureuse d’ailleurs. J’étais nulle aux cross du collège et je suppliais tous les ans mes parents de me faire une dispense)(malheureusement, ils ont toujours refusé) et je déteste me dépêcher.

C’est pourquoi je marche. Je flâne, je prends mon temps.

Ainsi, il va sans doute arriver au cours de notre long voyage que j’aie mes règles quand nous serons dans un endroit pas hyper pratique pour acheter des tampons. Voire dans un pays où les tampons ne sont pas dispo, ou alors très chers.

A contrario, la cup, je l’aurais toujours à portée de main et je n’aurais pas besoin de me creuser la tête pour savoir si j’ai assez de tampons pour tenir jusqu’à la ville suivante. Les boites n’encombreront pas mon sac et je n’aurais pas à me soucier de comment me débarrasser de mes tampons usagés.

Santé : la cup est pleine !

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La cup est pleine !

A propos de tampons : depuis des mois, on entend pis-que-pendre sur leur composition (j’aime beaucoup cette expression, elle a u

n côté vieille France tout à fait suranné que j’adore) (au fait, si vous l’ignoriez, « pis que pendre » ça veut dire : « dire du mal »). Blanchis au chlore, parfumés (mais POURQUOI ?!), présence de pesticides… Et tout ça gentiment en contact avec notre muqueuse la plus sensible et la plus chouette aka : notre vagin.

Sympa.

Alors je ne me voile pas la face, j’imagine que le silicone, ce n’est sans doute pas neutre non plus, question phtalates, PET et autres perturbateurs endocriniens. D’ici quelques années, nous verrons sans doute sortir des études qui nous diront qu’on s’est fourré des horreurs dans la choune pendant tout ce temps. Mais pour l’instant, je profite au moins de me dire que j’ai arrêté de me coller des patchs de javel dans la salle de jeu.

Ecologie : réduire mon empreinte écologique

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Photo by Christopher Sardegna on Unsplash

A ce côté « santé » non négligeable s’ajoute l’argument le plus important pour moi  : l’aspect écologique. C’est vrai que jusqu’à récemment, pourtant déjà sensibilisée aux problèmes écologiques et à la lutte contre les pollutions, je n’avais jamais RÉALISÉ que tous les tampons que j’utilisais étaient en fait des DÉCHETS. Des déchets qui coûtent énormément en énergie et en pollution pour leur fabrication, leur transport et enfin leur traitement après usage. Et des déchets que j’étais, en plus, « obligée » de produire puisque j’ai mes règles tous les mois.

Quelques chiffres édifiants

En moyenne, un femme a ses règles aux alentours de 12/13 ans. La ménopause est à partir de 45 ans. 33 ans de déchets tous les mois. Le site Madmoizelle établit ce calcul dans un article très intéressant sur les protections périodiques écologiques :

Avec des règles durant environ 4 jours […] et à raison de 5 protections par jour (il s’agit d’un minimum estimé au sein de la rédaction, faute d’avoir pu trouver des données scientifiques fiables sur le sujet), on obtient 8 880 protections hygiéniques pour une seule femme sur toute sa vie.

Sachant qu’une durée de 4 jours est un minimum, tout comme l’estimation du nombre de protections nécessaires pour une journée, le total de 8880 protections hygiéniques semble largement sous-estimé. Sans parler des applicateurs pour les tampons. Or, ce type de déchets mettent entre 400 et 450 ans à se dégrader complètement dans l’environnement. Ou alors ils finissent incinérés, et là, bonjour les polluants dans l’atmosphère !

En voyage : ne pas polluer (encore plus) les pays traversés

Durant notre long voyage, nous allons traverser des pays où le système de gestion des ordures n’est pas aussi bien organisé que le nôtre en France. Il est également fort possible que j’aurais mes règles dans des endroits où il n’y aura peut-être pas d’eau courante, où nous serons très isolés, où nous devrons garder nos déchets avec nous. Je n’ai pas envie de participer à l’accumulation de déchets dans des décharges à ciel ouvert plus que nécessaire.

Cliquez sur ce lien pour voir un compteur du nombre de protections périodiques utilisées depuis le 1erjanvier. C’est EFFRAYANT.

Economies : les chiffres parlent d’eux-mêmes

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Photo by Fabian Blank on Unsplash

J’allais me lancer dans un savant calcul à bas de prix moyen des protections périodiques quand soudain, j’ai plutôt préféré demander à mon ami Google : « coût des règles » (il ne se formalise pas si je suis cash).

Quoi qu’il en soit, le premier résultat est cet article de Cosmo dont le titre est prometteur : « Calculez combien vous avez dépensé en produits hygiéniques depuis vos 1ères règles » et qui renvoie sur un calculateur imaginé par la BBC. J’ai juste eu à entrer l’âge de mes premières règles (12 ans)  et mon âge actuel (28). Et BIM : résultat. C’est beau la technologie.

So far, you’ve spent about £658.56 on products,

£31.36 of which is on VAT.

In your lifetime you might spend £1,510.81 on products,

£71.94 of which is on VAT.

J’ai donc dépensé déjà 750€ en protections périodiques. Et encore, le site précise qu’il considère une TVA à 5% pour son calcul. Mais si vous avez suivi l’actualité en 2015, vous avez sans doute entendu parler des débats sur la « taxe tampon » ou « taxe rose » à l’Assemblée Nationale. Et donc vous êtes au courant que jusqu’en décembre 2015, la TVA sur ces produits en France était de 20%. J’ai donc sans doute dépensé plus que ça encore.

Sur un autre plan, ma cup m’a couté 28€ et elle est utilisable 10 ans. Soit 56€ pour 20 ans. Le choix est fait, question suivante.

Bref, la cup : FONCEZ !

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Moi qui abandonne les tampons pour passer à la cup. Photo by Leo Rivas on Unsplash

Il y a maintenant 9 mois que j’ai commencé à utiliser ma cup. Et franchement, je ne regrette pas un instant. Je sais déjà qu’en voyage je pourrais gérer mes règles en toute tranquillité d’esprit que nous soyons en ville ou en rase cambrousse, .

Et pour ne pas se laisser « enfumer » par les rumeurs sur le Syndrome du Choc Toxique lié à la cup, on file lire cet excellent article.

Et vous, la cup en voyage ? Yes, no, maybe? I don’t know ? (de rien pour le générique de Malcolm dans la tête). D’ailleurs, vous faites comment ?

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11 réflexions sur “Femme en voyage : t’es cup ou pas cup ?

  1. Je plussoie tout !!! Ca m’a bien fait marrer ! La même horreur (beurk c’est dégueu ça va pas la tête), la même galère (bordel, reste pliée), et les mêmes soulagement, bonheur, volupté depuis que je l’ai adoptée… pour les mêmes raisons que toi ! Donc, yes, fuck les bouchons, vive la cup !

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  2. J’étais morte de rire en te lisant (comme pour l’article de la cystite).
    Moi, j’ai bien mis 4 ou 5 cycles pour l’apprivoiser cette foutue cup ! Et la « pichenette, pile à l’endroit de ton corps où tu as le moins envie d’en recevoir », j’ai connu aussi !
    Mais maintenant, hors de question de revenir aux tampons !
    J’ai l’impression d’avoir moins mal au ventre (déjà, j’avais très peu de douleurs de règles avant) et que Mesdames Les Règles sont plus courtes, depuis que j’ai une cup. Est-ce psychologique, je ne sais !

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    1. Quel courage, quatre ou cinq cycles ! Je ne sais pas si j’aurais eu la patience ! Quoi qu’il en soit, au moment de la pichenette, toujours le pied sur la table, toujours cul nu et malgré les larmes aux yeux, j’ai eu cette micro-pensée : « ça fera rire mes lectrices » et ça m’a un peu réconfortée hahaha !

      Aimé par 1 personne

  3. Super Article, comme d’hab Marie B ! Bon moi je ne peux que t’encourager dans ton choix, pour avoir vécu avec une cup en voyage, je me demande vraiment comment celles qui ne choisissent pas ce mode de protection font !! Dans la jungle, dans les toilettes dégueulasses et/ou sans eau courante, et puis pour toutes les fois où l’on n’a pas un toilette à disposition toutes les 4 heures, la cup a relevé tout les défis haut la main !
    On aura l’occasion d ‘en reparler 😉

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  4. Excellent article.
    Bravo pour l’experience, les arguments… tout ça me semble génialement pratique, adapté, écolo, etc. Mais je reste de marbre devant cet engin, qui trône dans ma trousse de toilette depuis plusieurs mois : j’arrive pas. cas de blocage psychologique… Mon cerveau et mon entrejambe sont pour l’heure en désaccord sur le principe. On négocie… À suivre…
    PS : merci pour ce site.
    Hâte de lire vos aventures au long cours…

    Aimé par 1 personne

    1. Alors en fait, je n’ai quasiment rien sur les mains, juste sur le pouce et l’index qui me servent à attraper la cup pour la sortir. Pour la cup, soit je la rince avec une petite bouteille d’eau (j’en ai toujours une dans mon sac), soit je la remet « telle quelle ». Il faut savoir que la cup n’est pas « sale » en fait. Elle est pleine de sang, mais tu peux la remettre en l’état si tu ne peux pas faire autrement. Ca m’est déjà arrivé dans un endroit où je n’avais pas mon sac avec moi et je l’ai juste rincé la fois d’après. C’est vrai que tu en as sur les mains du coup, mais rien qu’un mouchoir en papier ne puisse régler. Merci pour ta question en tout cas, n’hésite pas si tu en as d’autres. J’espère que ma réponse te servira. 🙂

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